David Beckham

There’s only one David Beckham

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C’est (quasiment) fait! David Beckham rejoint le PSG sauce Qatar pour 18 mois et beaucoup d’Euros. Dans un esprit d’auto-flagellation purement franco-français, tous les esprits bien pensants viennent donner leur avis: trop cher, pas assez bon, plus au niveau physiquement, qu’un coup marketing, etc. Les Footix, grands amateurs de foot devant l’éternel, enfin tous les deux ans, s’en donnent à coeur joie. C’est bien mal connaître la mentalité du Spice Boy. Fuck les rageux!

Afin de planter le décors, permettez-moi de vous rappeler son parcours footballistique, puisque c’est ça qui nous intéresse. Les clubs de David Beckham sont: Manchester United, Real Madrid, AC Milan et LA Galaxy, soient respectivement le club le plus titré d’Angleterre, le plus titré d’Espagne et détenteur du plus grand nombre de trophées en Ligue des Champions, le club le plus titré en Europe et l’un des trois plus populaires d’Italie, et pour finir un intermède de 5 ans à Los Angeles où il a permis au public étasunien de découvrir le soccer. Mais Beckham, c’est aussi des titres, et pas que des coupes Intertoto: une Ligue des Champions, une coupe intercontinentale, six titres de champion d’Angleterre, deux FA Cup, une Liga et une MLS (entre autres). D’un point de vue individuel, il a fini deux fois à la seconde place de la sélection FIFA World Player of the Year, il est le joueur de champ le plus capé de l’histoire des Three Lions et est le troisième meilleur passeur de Premier League. Pas mal pour un mec qui apparemment n’aurait pas sa place sur le pré du Parc des Princes.

Maintenant, c’est une évidence, l’Anglais a 36 ans et est au crépuscule de sa carrière. Il n’est certainement pas dans la forme de sa vie, mais son professionnalisme et son hygiène de vie ont toujours été loués. Quand on voit les prestations de son pote de promotion Ryan Giggs avec ManU, il paraît fort probable que Beckham puisse largement régater sur les pelouses de Ligue 1.

Mais aussi et surtout, c’est oublier ce qui fait la force du mari de Victoria sur le terrain: son pied droit, peut-être le plus habile que le football ait pu observer. Même au sommet de son art, l’Anglais a toujours plus brillé par sa vision du jeu, son sens de la passe, ses centres et ses coups de pied arrêtés. D’ailleurs que ça soit à Manchester ou au Real, les chroniqueurs du foot s’en donnaient à coeur joie, oubliant pour le coup ses autres qualités, notamment défensives, physiques et mentales. Car c’est un monstre de travail qui débarque à Paris. Déjà au Real, Cappello débarque et met un coup de pied (à raison) dans la fourmilière galactique. Il faut une victime qui paie pour les autres et l’Italien l’a trouvée, ce sera Beckham, qui est progressivement mis sur la touche, puis carrément écarté du groupe. A ce moment-là, le Briton est déjà une méga-star, il aurait pu claquer la porte, partir ailleurs, mais non: Beckham s’entraîne, seul, comme un acharné pour retrouver son meilleur niveau. Résultat: un 2ème tour stratosphérique où sa patte droite fait le bonheur des artificiers maison van Nistelrooy (ou vom Mistelroum pour les joueurs de PES) et Raùl, permettant aux Merengues d’accrocher une énième Liga. Un exemple parmi d’autres, tant le talent du Britannique a été régulièrement remis en cause par des entraîneurs ou des blessures. Autrement dit, même à 36 ans, Beckham a tout dans les pieds et les jambes pour être décisif avec le PSG, si ce n’est pas tous les matches pendant 90 minutes, au moins par coups d’éclat.

Pour finir, la signature du Spice Boy à Paris est un évènement pour la Ligue 1, qui, de mémoire, n’a plus accueilli une star de son niveau depuis très très longtemps. Lucho, Lisandro Lopez, Gourcuff, Pastore, Menez, c’est bien gentil, mais c’est un sérieux ton en-dessous de l’ancien capitaine des Three Lions. Si le championnat français a régulièrement permis à des talents d’éclore et de franchir un cap, rares (voire inexistantes) sont les stars qui ont opté pour l’Hexagone face à des propositions venant d’Angleterre, d’Espagne, d’Italie ou d’Allemagne. Donc pour une fois, chers amis français, arrêtez vos délires sadomasochistes et profitez: l’un des meilleurs milieux de tous les temps va venir enrouler des coups francs dans les lucarnes de Toulouse, Lorient ou Valenciennes. Les ados vont pouvoir se toucher sur autre chose que Tabanou et Monet-Paquet. Et le reste n’est qu’accessoire: en football, la seule vérité reste celle du terrain.