Le Barça remporte le match amical le plus animé de l’année
5ème journée de Ligue des Champions hier soir, avec comme principale affiche un certain AC Milan – FC Barcelone qui sent la poudre. Enfin, qui sentirait encore plus la poudre si les deux ténors du foot européen n’étaient pas déjà qualifiés. Le seul enjeu? La première place du groupe, avantage relatif quand on sait que Chelsea ou Valence et Manchester ont de grandes chances d’être deuxièmes du leur.
Malgré cela, Italiens et Espagnols vont se livrer un duel de toute beauté et d’une très grande intensité. Certainement sur-motivés par leur star Zlatan Ibrahimovic, les Milanais sont bien décidés à ne pas laisser les Catalans distiller leur jeu habituel fait de passes courtes redoublées et de mouvement sans ballon. Au chapitre des absences, les rouges et blancs sont au complet, ou du moins alignent leur onze de base actuel, la seule demi-surprise pouvant venir de la titularisation de Robinho à la place de Pato. Du côté barcelonais, Piqué, Alvés et Iniesta manquent à l’appel, tandis que Pedro et Alexis Sanchez prennent place sur le banc.
Le match commence tambours-battant avec des Rossoneri agressifs sur le porteur de balle, mais qui n’arrivent pas à contenir un Barça bien en jambe. Ceux-ci insistent sur le côté droit de la défense adverse, où Nesta semble accuser le coup des années, tandis qu’Abate fait ce qu’il peut pour être au niveau. La domination espagnole va être récompensée. Thiago Alcantara s’arrache pour aller récupérer un ballon vers le poteau de corner, met en retrait à Fabregas qui glisse à Messi. Le lutin argentin sert parfaitement côté gauche Keita, le Malien centrant fort ras de terre devant le but et Van Bommel dévie involontairement le ballon dans son propre goal pour éviter que Xavi, derrière lui en position de hors-jeu ne le plante lui-même. 0-1 et l’ouverture du score sonne le réveil des diables.
Sonnés dans leur orgueil, les Milanais repartent à l’attaque avec comme chefs de file Ibra et Kevin Prince Boateng. Sur une action côté gauche du Suédois, le demi-frère de Jérôme envoie une volée écrasée qui termine dans les pieds de Robinho. Ce dernier rate l’immanquable à trois mètres des goals. Le Brésilien, certes pas dans la forme de sa vie, n’a pas fini d’en entendre parler, même si ceux qui ont fait du foot ailleurs que sur PS3 ou XBox savent que la frappe de Boateng était très sèche et sa trajectoire difficile à maîtriser et que dès lors il n’était pas si facile de conclure. Heureusement pour lui, le futur triple Ballon d’Or Léo Messi ratera quasiment la même quelques instants plus tard en touchant la latte. Le match devient fou, ça part dans tous les sens et c’est logiquement qu’Ibrahimovic égalise sur une frappe ratée du gauche qui trompe un Valdés pas très heureux hier soir.
L’intensité demeure exceptionnelle, le Barça reprend le dessus et Xavi se fait retenir par Aquilani dans la surface de réparation. Pénalty pour les Catalans et carton jaune à… Nesta. L’arbitre de la rencontre s’est trompé et a donné au défenseur central italien la biscotte qui aurait été la seconde pour l’ancien de la Roma et de Liverpool. Ceux qui croient à la théorie du complot et à un arbitrage favorable aux Catalans crieront au scandale, mais il y a bien faute d’Aquilani. D’une manière générale, je suis favorable à ce genre de choix des quintets arbitraux. Après tout, une faute doit être sifflée de façon identique sur tout le terrain. Ce qui est incorrect dans le rond central doit l’être dans les 16m. Bref, Messi s’élance, arrête sa course sur son dernier pas et transforme. 1-2? Et bien non, l’arbitre demande à la starlette de retirer. Finalement, l’Argentin s’exécute et mystifie Abbiati d’une frappe puissante qui vient se loger dans le petit filet. Le Barça peut boire le thé avec une longueur d’avance.
Au retour de la pause, Allegri procède à un changement, le beau-fils Berlusconi Alexandre Pato remplaçant Robinho. Coaching judicieux de l’ancien entraîneur de Calgiari, puisque Prince va marquer le but de la soirée. Au terme d’un superbe enchaînement contrôle en extension, talonnade, « brisage » de rein sur Abidal et shoot tendu au premier poteau, le Ghanéen prouve qu’il est bien une des figures montantes du foot mondial. Convaincu de son potentiel depuis ses premières apparitions avec Portsmouth et la sélection africaine, Boateng fait figure de confirmation plus que de révélation, tant sa courbe de forme semble faire souffler le chaud et le froid depuis son arrivée en Lombardie.
2-2, à ce moment-là, le match peut basculer dans les deux sens. Ce sera finalement le Barça qui va faire la différence au terme d’un mouvement collectif dont il a le secret, Messi servant Xavi entre quatre défenseurs, une offrande que le cerveau catalan ne peut manquer. Le match va ensuite baisser en intensité, les Barcelonais faisant preuve de suffisance, tandis que les Milanais semblaient un peu cuits, à l’image de Prince, totalement carbonisé en fin de rencontre. Seule une frappe de Bonnera (obligé de relayer le vétéran Nesta, victime d’un nouveau claquage à la cuisse) contrée au dernier instant dans les arrêts de jeu fera frémir San Siro.
Les deux équipes se séparent sur un seul constat: il faudra compter sur eux lors de l’emballage final. Si pour les Espagnols ce n’est pas une surprise, tant leur domination sur l’Europe est outrageuse, c’est en revanche maintenant une certitude pour ce Milan plaisant, offensif et audacieux d’Allegri. Bien placés en championnat après un début de saison poussif, les champions en titre risquent de causer bien des problèmes à leurs adversaires en C1.
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Auteur : Lionel Rudaz
Rédacteur en chef et créateur de PIMPlemousse. Musicovore sur Spotify, un écran toujours sous les yeux, connecté en permanence et tiki taka. Suivez-moi sur Twitter: @lionelrudaz






Commentaires
Nicølas Dubøis
7 décembre 2011Aaaaah ! Pimp’ se « sportifie » ! Bien bel article, Monsieur Rudaz !
Un papier sur le Clasico à venir ?
The Dodô_Ône
7 décembre 2011Le monsieur est à la Réunion et à l’île Momo …